Illustration de deux grands voiliers entourés de glaces sous un ciel sombre

Expédition Franklin : ce que les épaves de l’Erebus et du Terror ont changé

L’expédition de John Franklin part en 1845 pour rechercher un passage du Nord-Ouest à travers l’Arctique. Ses deux navires, le HMS Erebus et le HMS Terror, et les hommes restés avec eux ne reviennent pas. Mais le dossier n’est plus celui d’une disparition sans aucune trace : documents écrits, connaissances inuit et découvertes archéologiques permettent d’établir plusieurs étapes, tout en laissant des questions ouvertes.

1845 : un départ, puis 129 hommes dans l’Arctique

Parcs Canada situe le départ de Greenhithe le 19 mai 1845 avec 134 hommes. Au Groenland, plusieurs quittent l’expédition ; celle-ci poursuit son voyage avec 129 hommes. Dire qu’ils étaient 129 lors de la poursuite du voyage est donc plus précis que d’utiliser cet effectif indistinctement pour toutes les étapes.

Les navires disposent de provisions et d’équipements considérés comme avancés pour cette expédition. Cela ne garantit pas leur capacité à surmonter toutes les conditions de glace, de navigation et de survie rencontrées.

La glace, la mort de Franklin et l’abandon des navires

Les sources présentées par Parcs Canada situent un hivernage à l’île Beechey en 1845–1846, puis l’immobilisation des navires dans les glaces à partir de septembre 1846. La note de Victory Point indique la mort de Franklin le 11 juin 1847. Elle renseigne aussi l’abandon des bâtiments le 22 avril 1848.

Ces jalons ne décrivent pas tout ce qui est ensuite arrivé à chaque homme. Un document daté permet de fixer une étape ; il ne vaut pas journal complet de la marche et des décisions qui ont suivi. La chronologie doit conserver ces zones d’incertitude.

2014 et 2016 : deux découvertes différentes

L’épave de l’Erebus est localisée en 2014, celle du Terror en 2016. Leur découverte change la nature des recherches : les archéologues disposent de sites matériels à étudier, pas seulement de récits et de documents isolés.

Une épave peut renseigner la construction d’un navire, son état et les objets demeurés à bord. Elle ne raconte pas automatiquement le sort de tous les membres de l’expédition. Il faut distinguer la localisation du bâtiment, son examen archéologique et les conclusions que les équipes peuvent tirer de chaque trouvaille.

Le rôle essentiel des savoirs inuit

Parcs Canada souligne que les Inuit présents dans la région ont vu des étapes du parcours des hommes et conservé des connaissances concernant les navires. Ces savoirs, associés aux recherches modernes, ont joué un rôle dans la découverte des épaves. Le lieu historique est aujourd’hui géré conjointement par les Inuit et Parcs Canada.

Il serait trompeur de raconter l’histoire comme si elle avait commencé avec une recherche technologique récente. Les témoignages et connaissances locales constituent une partie importante du dossier. Leur lecture demande de respecter leur contexte de transmission, sans les réduire à une simple anecdote de « légende arctique ».

Ce qui reste à distinguer

  • Les dates indiquées par les documents et les découvertes des navires sont identifiables.
  • Les causes et l’enchaînement des pertes humaines ne se réduisent pas à une formule unique.
  • Les hypothèses sur les maladies, l’alimentation ou les décisions doivent être rattachées aux études qui les défendent.
  • Aucun récit surnaturel n’est nécessaire pour expliquer l’existence de ces incertitudes historiques.

Dans le dossier du Mary Celeste retrouvé sans son équipage, le navire a été récupéré immédiatement ; Franklin représente une situation différente. Le campement nordique de L’Anse aux Meadows relève pour sa part d’une exploration beaucoup plus ancienne, dont les vestiges ne démontrent pas une disparition collective. Le départ de la communauté de Skellig Michael correspond à un déplacement religieux documenté.

Le rapprochement utile porte sur les preuves : comme pour les restes du Star Dust retrouvés dans les Andes, de nouveaux éléments matériels peuvent modifier un récit sans répondre à toutes les questions.

Localiser un navire, étudier ses vestiges et connaître le sort de son équipage sont trois questions distinctes. Le dossier du Koursk et de son relevage permet de les comparer à un accident moderne. Le naufrage du K-8 après l’incendie d’avril 1970 rappelle, lui, qu’une épave connue peut rester difficile à étudier à grande profondeur, sans constituer une disparition sans trace.

Sources institutionnelles

Les navires figurés dans le visuel sont une illustration imaginaire, pas un document d’archéologie sous-marine.

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